11/06/2010

Le monde s'en va-t-en guerre (ne sait quand reviendra)

505034468.jpgCe qui est marquant dans l'excellent livre de Philippe Dessertine ce n'est pas l'analyse brillante, lucide et libre qu'il nous propose mais beaucoup plus les conclusions auxquelles il arrive vers la fin du livre ainsi que le ton du livre beaucoup plus direct et moins "diplomate" que les interventions que l'on peut voir de lui (cf vidéos france Info par9782843375392.gif exemple). C'est pour cela qu'il faut lire ce livre ainsi que son précédent aussi : "Ceci n'est pas une crise, juste la fin d'un monde"

Mais qui est Philippe Dessertine ? On apprend sur wikipédia que Philippe Dessertine est dans "l'establishment", directeur de l'Institut des Hautes Finances et membre de la commission sur le grand emprunt Rocard/Juppé.
Au delà de ces quelques infos de wikipédia voici une vidéo de lui qui présente le livre... mais qui ne met pas du tout en avant son coté subversif et révolutionnaire:

 

Urgences, évolutions de fond:

1) stopper la spirale de la dette venant des US

2) imposer plus de transparence à la Chine

3) se plonger dans le numérique

Voici quelques passages détonnants je trouve au delà des banalités traditionnelles et qui amènent beaucoup de questions :

A propos de la mondialisation:

" La mondialisation est l'élévation concrète, pièce par pièce, du niveau de vie des populations occidentales dans leur totalité. Cette vérité peut être assénée de la sorte: la totalité des peuples dominants a profité de l'exploitation des esclaves de ces pays émergents présentés aujourd'hui comme une menace diffuse - soyons positifs : des esclaves affranchis. La mondialisation a débuté dès la fin des colonies, avec la perspective d'une libération progressive. Mais le plus tard possible. Il se trouve que le terme est arrivé."
"L'illusion doit être dissipée. La mondialisation est le redécoupage d'un gâteau, un peu plus grand, mais pas beaucoup. En clair, une telle approche suppose le transfert d'une zone à l'autre. Pour que les pauvres deviennent plus riches, il faut que les riches (nous) deviennent (un peu) plus pauvres."
"Oui les usines sont créées dans des zones de très, très haute pauvreté. Voilà la vérité. Et les gens démunis qui seront embauchés seront payés à des salaires ridicules, mais à l'arrivée, ils seront un tout petit peu plus riches qu'auparavant. Et ce tout petit peu signifie beaucoup les concernant, figurez-vous."

A propos du capitalisme, de la confiance, de la démocratie:

"Au fond, ce que redoute par dessus tout le financeur, c'est la surprise. Même bonne, car elle est symétrique de l'autre situation, la mauvaise nouvelle imprévue, ou du moins non annoncée. Nous avons gagné plus qu'attendu, vous allez être content !  Pourquoi devrais-je être content ? Vous même ne l'aviez pas anticipé ? "
"La vérification est continuelle, le flux d'informations ne doit pas se ralentir, les données sont échangées aussi souvent que nécessaire, en privilégiant d'abord celles qui pourraient influencer les profits futurs, donc la valeur finale de l'investissement. Plus les informations sont précises, continues, fréquentes, plus les hypothèses peuvent être sans cesse comparées, revérifiées, affinées. Ainsi s'instaure la confiance. Il est passionant de constater combien la logique d'économie de marché est l'alliance d'une expression réductrice des rapports humains: la rentabilité, le gain espéré, froid, basique; en contrepoint d'un ingrédient majeur, inconstant, évanescnet, parfois très irrationnel d'apparence: la confiance."
" Oui le capitalisme a une parenté, parfois incestueuse, avec la démocratie, avec la liberté, en particulier avec la liberté d'informer. Pour autant ne nous laissons pas bercer par une illusion candide, mot d'ailleurs abhorré par tout businessman digne de ce nom. Les acteurs principaux n'ont pas pour mission de défendre le système en général. Il est souvent étrange de juxtaposer des termes ayant si peu de capillarité: "entreprise citoyenne", "capitalisme moral".
"il ne s'agit pas d'introduire de la générosité ou l'altruisme dans un univers qui est incapable d'intégrer pareille dimension dans son raisonnement."
Cette anecdote pour illustrer:
"Les conseillers de Roosevelt, effrayés de la réputation désastreuse de Kennedy, suggérèrent que le choix (d'un patron de la Securities & Exchange Commission - SEC) n'était pas pertinent. Roosevelt leur répondit: pour encadrer ce monde de pourris, j'ai pris le meilleur d'entre eux."
"La synthèse impossible consisterait à unir capitalisme et humanisme. Mais il s'agit là d'une utopie pas même souhaitable. Le mariage de la carpe et du lapin ne rendrait heureux ni l'une ni l'autre. L'illusion d'une morale partagée par tous, dans le monde des affaires, relève d'un idéalisme naïf."

A propos de la finance et de ses errements:

Quand l'argent est trop abondant en regard des projets, y compris dans une période de forte croissance, il finit par produire des opérations intriinsèques. On pratique des LBO en cascade, parce que les institutions n'aspirent qu'à prêter encore plus, afin d'augmenterle rendement de l'épargne qui leur est confiée. Le diagnostic est sans appel. La finance devient l'inverse de ce qu'elle devrait être: elle pompe le profit général provenant d'une création de richesse réelle, elle le maintient à l'intérieur de ses propres mécanismes, elle l'empêche de se rediriger vers l'activité et surtout vers les investissements internationaux. La finance ne peut compenser par sa logique les aberrations du système. Pire, elle aura tendance à les amplifier, à en ramifier les conséquences. Trop d'argent dans les rouages crée trop de bébéfices pour la finance. La réglementation des rémunérations n'a pas grand sens. Le seul point d'entrée est de limiter l'afflux de fonds."

Au sujet de la transparence:

"La recherche de la transparence a pour enjeu la paix. La non-transparence peut nous entraîner à la guerre, comme elle l'a fait dans les années 30."
"Le premier des acteurs devant se soumettre au principe de la transparence est bien le sommet du système : L'état"

Enfin et surtout un sujet tabou : "la décroissance"

"...nous prenons conscience de l'impasse de notre logique, qui deviendrait un terrible frein si toute la population humaine devait adopter notre mode de vie."
"Les américains sont contents, ils dévorent toujours plus, et s'ils s'arrêtent, s'il leur prend la sotte idée d'épargner, toute la planète commence à tousser. Poussons jusqu'à l'absurde: il faudrait que les riches cessent de travailler parce que le travail est une perte de temps en matière de consommation. Quand on travaille on ne dépense pas. Quel dommage ! On ne propose pas assez de débouchés au peuple des esclaves, en bas, dans la soute, qui vit mieux quand nous mangeons davatage. La mondialisation comme on la rêverait, celle que défendent dans un bel ensemble syndicats, patrons et politiques des pays développés: plus nous deviendront riches, plus nous aideront les pays pauvres, plus ils s'enrichiront."
"La toute première impasse provient de notre beau style de vie à l'occidentale. Paradis à toutes les heures et absurdité presque infinie: concentration des populations dans des cités gigantesques, transports incessants des masses laborieuses, engorgement quotidien de toutes les périphéries urbaines...utilisation de techniques intensives, chimiques ou mécaniques, maniées par quelques minoritaires..."
Il s'agit, ni plus ni moins, de toucher au dogme et de se mettre autour de la table et de ne pas s'écarter de cette idée: arrêter la croissance, fonctionner en marche arrière pendant un certain temps, regarder quelles en seraient les conséquences, ne pas les repousser, mais voir comment les gérer, au mieux.

"PROFITONS de l'urgence écologique, entendue par la population, profitons-en pour inventer le nouveau modèle, celui qui permettrait d'anticiper le déclin irrémédiable de la domination de l'Occident. Pensons à la vraie réduction du PIB, à une croissance négative durable, mais gérée, pour qu'en découle u autre modèle, plus extensible, plus universel, que pourraient s'approprier les générations futures de la planète entière."


Il y a beaucoup d'autres passages très forts dans ce livre brulôt .... alors n'attendez pas lisez le, faites vous votre opinion et tirez en les conséquences ...

17/08/2009

Hommage: Personne ne saura être sans savoir devenir

Il y a 17 ans disparaissait Michel Berger ... en son hommage et aussi pour quelqu'un que j'aime cette chanson prémonitoire extraite de son dernier album:

06/06/2009

Connaissez vous Paul Jorion ?

Voici l'une des rares personnes qui avait anticipé la crise. Il tient un blog particulièrement intéressant et de plus en plus consulté. http://www.pauljorion.com/blog/

Rentré en France depuis quelques semaines il commence à passer dans les grands médias.

A voir cette interview sur France Info : un discours direct sans aucune langue de bois !

 

21/02/2009

Bernard Lietaer : compléments utiles

Grâce à Yves Duron, Christophe Ducamp et Thierry Gaudin voici les derniers éléments complémentaires à mes précédentes notes sur Bernard Lietaer et le besoin en matière de monnaies complémentaires pour reconstruire pendant la crise:

1) Le podcast enregistré à Evry le 5 février dernier

2) Le livre blanc en français cette fois qui explique en détail le pourquoi et les pistes

Bonne écoute et bonne lecture ...

08/02/2009

Complément à propos des monnaies régionales

En complément de mes 2 posts précédents voici une vidéo de Bernard Lietaer qui complète la présentation ppt.
Merci à Christophe Ducamp pour l'avoir dégotée via twitter !

30/01/2009

L'un des sujets qui doit et va être d'actualité avec la crise

Alors que les entreprises et les politiques commencent à peine à se pencher sérieusement sur le phénomène des sites sociaux et du "Web 2.0" et à en considérer et mesurer ses implications pour eux mêmes et leurs institutions il est un autre enjeu d'intérêt à la fois mondial et local qui reste encore très largement méconnu des décideurs et du grand public et qui pourtant devrait faire l'objet de toutes les attentions surtout en cette période de crise systémique naissante.
Cet enjeu est celui de la monnaie ... plus exactement de la transition d'un système économique à monnaie unique et rare vers un système économique et social à monnaies multiples et complémentaires.
Et oui ! difficile à avaler en Europe pour des décideurs qui ont tant oeuvré pour la mise en place d'une monnaie unique...
9782843771446FS.gifPourtant il suffit de lire l'indispensable et brillant livre de Bernard LIETAER et Margit KENNEDY "MONNAIES REGIONALES" (paru sautomne 2008) pour se rendre compte que cela est indispensable non seulement pour sortir plus vite de la crise de notre système mais aussi pour transcender ce système et transformer les rapports humains.

Le livre est très riche mais il se lit d'une traite tant on apprend à propos des monnaies, de leur histoire et des expérimentations en cours dans de nombreux pays (en particulier le Japon). Les auteurs abordent aussi bien le pourquoi il faut des monnaies complémentaires que le comment les mettre en oeuvre tout en ayant l'humilité de dire que beaucoup reste à inventer et que les cartes sont dans les mains de "ceux qui expérimentent avec de nouvelles idées, qui bousculent l'indifférence, les préjugés, les habitudes et les clichés, qui provoquent les changements nécessaires dans notre monde pour éliminer la misère et la détresse qui nous entourent".
Voici quelques passages que j'ai particulièrement retenu (il y en aurait beaucoup d'autres et le mieux est de vous procurer l'ouvrage !) :

- Sur la globalisation vue par Georges Soros :
" Le commerce international et les marchés financiers globaux ont fait la preuve de leur capacité à créer de la richesse, mais ils ne sont pas en mesure de satisfaire un certain nombre de besoins sociaux. Parmi ceux-ci, on trouve le maintien de la paix, la réduction de la pauvreté, la protection de l'environnement, l'amélioration des conditions de travail,ou le respect des droits de l'homme: ce que l'on appelle, en somme, le bien commun."

- Sur les besoins d'une gouvernance nouvelle pour le 21ème siècle d'après Pierre Calame :
"Les systèmes actuels ont tendance à extraire beaucoup d'information d'une communauté, mais il est rare que ces informations lui soient rendues. Il sera donc nécessaire d'encourager la collecte et la diffusion de l'information appropriée à chaque échelle de gouvernance, y compris le local et le régional. De même, les autorités publiques doivent accepter et encourager la production autonome d'information aux différents niveaux parce que cela deviendra de plus en plus essentiel pour une démocratie fonctionnelle."

Tous les pays en voie de développement:
- "Nous n'assistons pas seulement à l'avènement, si souvent annoncé, de l'ère de l'information et de l'économie du savoir, nous commençons aussi à ressentir les effets de la fin de l'ère industrielle. C'est ainsi un problème de perspective qui se pose à nous tous, les pays dits "developpés" autant qu'à ceux en voie de développement. En bref, nous devons considérer tous les pays comme "en voie de développement" dans une ère postindustrielle."

Une globalisation qui détruit la diversité: (Jonathan Sacks)lours.jpg
- "Le monde n'est pas une machine. Il s'agit d'un écosystème complexe dont la diversité biologique, personnelle, culturelle et religieuse est indispensable à la vie. Toute atteinte portée à cette diversité, comme celles aujourd'hui préconisées par les fondamentalistes de marché, des scientistes ou des fondamentalistes religieux, constituerait un préjudice irréparable pour la richesse de notre vie collective et réduirait à ce point le champ de nos possibilités que le monde courrait à la catastrophe. A l'instar de la nature, les systèmes économiques, politiques et sociaux crées par les hommes, sont d'une grande complexité. Ils ont tendance à s'autogénérer et restent imprévisibles. Toute volonté de les contraindre à une uniformité artificielle, au nom d'exigences religieuses ou économiques, traduit une méconnaissance tragique de ce qui fonde la richesse de ces systèmes. Parce que nous sommes tous différents, chacun d'entre nous a sa contribution à apporter et chacune de ces contributions compte dans nos systèmes économiques, politiques et sociaux. Seuls nos instincts primaires nous amènent à voir dans la diversité une menace. A une époque telle que la nôtre, où les destins des hommes n'ont jamais été aussi liés, ces instincts sont inutiles. Si de telles différences devaient amener à la guerre, ce serait la défaite de tous les belligérants. Si, au contraire, elles contribuaient à l'enrichissement mutuel, tous y gagneraient."

Les tentatives de centralisation monétaire
franc.jpg- Tous les rois de France ont tenté de limiter le pouvoir monétaire des féodaux, soit par le rachat de ce droit, soit par l'usage de la force. Dans les dernières années du XIII ème siècle, le processus de centralisation monétaire était si bien avancé que le nombre de monnaies en circulation dans le royaume était déjà considérablement réduit: il en a résulté une récession économique massive qui dura près d'un siècle et demi et qui s'est accompagnée, au début du XIV ème siècle, des premières grandes famines. La population en a été à ce point affaiblie qu'elle n'a pas pu résister à la vague de peste noire.

Importance de la vitesse de circulation de la monnaie: (équation de Fisher)
E=QV
où E est l'activité économique, Q la quantité de monnaie en circulation et V sa vitesse de circulation (En ce moment si je comprends bien V diminue et les états jouent sur le "Q" en créant de la monnaie ... et de la dette pour essayer de rétablir E)

A propos de la crise :
..une des conséquences immédiates sera que la disponibilité des finances provenant du système bancaire va se rétrécir pendant une période plus longue que quiconque le désire, ce qui posera des problèmes de croissance - et même de survie - dans la plupart des secteurs productifs. Comme ce sont là des messages que ni les banquiers, ni les hommes politiques, n'ont évidemment, intérêt à annoncer, il vaut mieux rester un peu sceptique quand chaque amélioration temporaire est annoncée comme la "fin de la crise"... En effet, les gouvernements adorent la croissance parce qu'elle les dispense de devoir s'attaquer au problème épineux de l'inégalité des revenus. Comme l'expliquait Henry Wallich, gouverneur du Federal Reserve des Etats-Unis de 1974 à 1986: "la croissance est un substitut à l'égalité des revenus. Tant qu'il y a de la croissance, il y a de l'espoir, et cela rend tolérables les grands écarts de revenus." Tout cela rend plus urgente encore l'introduction de solutions nouvelles comme celle des monnaies régionales, qui permettent de s'attaquer à ces problèmes de façon plus ciblée que les méthodes traditionnelles.

Le principe de complémentarité :
il est relativement nouveau en économie, contrairement à ce qui est le cas en dans d'autres disciplines comme la physique, la biologie, la psychologie ou la philosophie, où sa conceptualisation est plus ancienne et son usage plus répandu. ... Les monnaies complémentaires remplissent des fonctions que les monnaies officielles ne sont pas en mesure de remplir ou qu'elles ne remplissent que partiellement.

Connecter des besoins insatisfaits avec des ressources sous-utilisées: (cela me fait penser aux restos du coeur)
Toute personne sans activité souhaitant proposer son savoir-faire est une ressource. (idem pour les places vides d'une salle de cinéma)

"Comme le pense l'auteur américain JP Barlow, qui se bat pour l'extension des droits civiques sur le cyberespace et s'est beaucoup intéressé aux modèles du futur, les relations seront beaucoup plus importantes dans l'économie du futur que la possession des biens eux-mêmes."

Georg Simmel (philosophe allemand):
"Les questions monétaires sont importantes non seulement pour des questions d'inflation ou de déflation, de taux de change fixes ou flottants, d'étalon-or ou de papier monnaie, mais elles déterminent aussi le type de société dans laquelle cet argent va opérer.

L'ère post-industrielle:
Elle va changer beaucoup de règles du jeu économique mondial. Ce n'est pas parce qu'un pays était parmi les plus "développés" au XXè siècle qu'il le sera également au XXIè siècle. Ainsi, quand la Chine refusa au XIXè siècle l'introduction des chemins de fer et les autres attribus "barbares" de l'industrialisation, elle se condamna de manière involontaire à devenir le plus grand pays sous développé du XXè siècle, erreur qu'elle est en train de rattraper seulement maintenant... La manière dont une société permettra ou non aux innovations de l'ère de l'information de pénétrer les divers strates de la société, de façon à la réformer, promet de jouer exactement le même rôle que les chemins de fer ou les aciériesdu XIXè siècle.

Le système WAT:(Japon)
Il n'est pas géré par un serveur: il n'y a pas, dans le système WAT, d'ordinateur central qui enregistre l'ensemble des transactions. Le modèle WAT est plutôt géré suivant le modèle peer to peer, dans lequel plusieurs ordinateurs administre le système au même niveau... il n'y a pas de bureau central, pas de coordination, donc pas de contrôle centralisé du système...même les particuliers ont le droit d'émettre leurs propres WAT, ce qui prouve l'extrême décentralisation du système ... Ce système est intéressant car il crée un réseau de confiance entre les membres... compte tenu de sa nature très décentralisée, le système s'étend rapidement dans tout le pays: on ne sait pas précisément combien de personnes sont effectivement membres. La création des tickets WAT figure parmi les méthodes de création monétaire les moins onéreuses.

220px-Joseph_Stiglitz.jpgJoseph Stiglitz:
"Lors des récessions précédentes, le débat typique entre experts était de décider s'il s'agissait d'une récession en forme de V (c'est à dire dure mais courte) ou en U (c'est à dire moins grave mais longue). Aujourd'hui, l'économie est entrée dans une récession qui se décrirait plutôt en forme de L. Elle est tombée bien bas, et va probablement rester à cette place encore longtemps ..."

Efficacité et résilience d'un écosystème:
On a prouvé rigoureusement que la nature n'optimise pas l'efficacité dans un écosystème naturel, mais assure une balance optimale entre deux pôles: l'efficacité d'une part, et la résilience de l'autre. Ces phénomènes sont à leur tour fonction de deux variables structurelles: la diversité et le nombre d'interconnections. Mais ces deux pôles sont antagonistes. La résilence augmente avec la diversité et le nombre d'interconnections. En revanche, l'efficacité est améliorée quand on réduit la diversité et qu'on élimine les connections moins importantes. Toutes ces variables ont pu être quantifiées dans les écosystèmes naturels. De plus, on a pu constater que, dans tout écosystème durable, la résilience est presque deux fois plus importante que l'efficacité... Les recherches sur les réseaux d'écosystèmes expliquent parfaitement pourquoi un système où l'efficacité a été poussée sans tenir compte de la résilience, est comdamné à s'écrouler.

William S Desmonde (anthropologue):
"La monnaie symbolisait la réciprocité entre les gens, ce qui les connectait émotionnellement avec leur communauté. La monnaie était à l'origine un symbole de leur âme."

23/11/2008

Jean-François Noubel: "C'est dans l'air"

Voici quelqu'un qui mérite d'être connu pour les idées qu'il met en avant et aussi pour sa formidable capacité à les rendre accessibles avec beaucoup de pédagogie, simplicité et sagesse...

Les idées en question sont vraimment d'actualité...  argent, modèle de société, intelligence et sagesse collectives, architectures invisibles... qui ne vont pas sans me rappeler mon post précédent sur "La Richesse Révolutionnaire"
Son site et son association s'apelle : "The Transitioner".

Voici deux vidéos qui illustrent ses idées....  passionnant !


08/11/2008

La richesse révolutionnaire

« Wikinomics » de Don Tapscott, « La terre est plate » de Thomas Friedmann sont 2 excellents livres de vulgarisation sur les phénomènes du Web et de la mondialisation.
Mais en ces temps de crise systémique si il y a un seul livre à lire, à « dévorer » devrais-je dire, c’est le dernier ouvrage de Alvin et Heidi Toffler : « La richesse révolutionnaire »
toff190.jpgLes Toffler sont connus notamment pour « Le Choc du futur » (1974) et aussi la Troisième Vague (1982). Ces ouvrages ont eu un impact fort auprès des dirigeants dans la mesure ou ils annonçaient avec beaucoup de clairvoyance la société de la connaissance dans laquelle nous sommes désormais entrés.

Avec « La richesse révolutionnaire » Avin et Heidi Toffler nous permettent d’entrevoir et d’appréhender les tenants et les conséquences de la richesse révolutionnaire.jpgrévolution en cours notament celle de 3 des « fondamentaux profonds » de notre civilisation que sont : le Temps, l’Espace et la Connaissance.

Avec beaucoup de lucidité et sans complaisance aucune pour toutes nos institutions sclérosées et dépassées les auteurs introduisent et nous familiarisent avec brio avec plusieurs concepts et néologismes clés parmi lesquels se trouvent :
« l’effet de désynchronisation » :  les bureaucraties de l’âge industriel ralentissent aujourd’hui le mouvement vers un système de création de richesse plus avancé et fondé sur la connaissance.
« l’obsolaissance » : combinaison des mots obsolescence et connaissance pour indiquer le fait qu’un pourcentage important de ce que nous savons se révèle de moins en moins vrai. Quand les changements s’accélèrent, la vitesse à laquelle s’accumule le surplus d’obsolaissance augmente d’autant.
« La prosommation et les prosommateurs » : il existe une économie cachée qui sert de cadre à une énorme activité non étudiée, non mesurée, non payée. C’est l’économie « prosommatrice » non monétaire. Ceux qui créent des biens, des services ou de l’expérience, destinés à leur usage privé et à leur satisfaction personnelle, plutôt qu’à la vente ou à l’échange. Quand nous sommes à la fois PROducteurs et conSOMMATEURS de notre production nous sommes des prosommateurs.
La « Producivité » : contribution des prosommateurs à la productivité

Quelques affirmations et passages m’ont beaucoup interrogé et/ou marqué par l’espoir qu’ils suscitent et par les constats lucides formulés :

A propos de la vérité : "Alors qu’un plus grand nombre de sociétés développe des économies fondées sur les idées, la culture et la connaissance en rapport avec la richesse, savoir pourquoi nous croyons ce que nous croyons devient plus crucial que jamais."

Sur l’innovation : " Si l’innovation ne vient pas d’en haut, de dirigeants décidés à transformer les institutions existantes, elle explosera d’en bas, quand de plus en plus d’organismes datant de l’âge industriel s’effondreront, et que l’implosion systémique approchera » , « Les économies avancées bénéficient de millions d’inventeurs sociaux, d’innovateurs, de personnes capables de prendre des risques organisationnels, de rêveurs, d’hommes et de femmes à l’esprit pratique, éduqués, ayant accès à davantage d’informations issues de partout, armés des outils de la connaissance les plus puissants qu’ait possédés l’espèce humaine, et ne demandant qu’à saisir la chance d’inventer un lendemain meilleur. Ils sont partout sur cette planète, et ils sont prêts à la refaçonner. "

A propos de l’éducation :  « Beaucoup s’en prennent à ce sujet de honte planétaire. Mais la solution généralement proposée ressemble aux systèmes éducatifs de type usine des sociétés industrielles. Des salles de classe. Des bureaux. Des niveaux séparés en fonction de l’âge. Du par cœur. Des examens standardisés. Une ponctualité imposée. L’uniformité au nom de la démocratie. Un système, en bref, qui promeut ce que les employeurs avaient l’habitude d’appeler une « discipline industrielle ». Cela peut-il être reproduit avec succès dans chaque village ? Et cela doit-il l’être ?
L’éducation de masse conçue pour l’âge industriel ne répond ni aux besoins du village préindustriel ni à ceux de l’avenir postindustriel. Il est nécessaire de repenser entièrement l’éducation rurale, et même l’ensemble de l’éducation…  … La technologie seule n’est pas un remède à l’ignorance. Des forces politiques, économiques et sociales doivent être mobilisées  pour éduquer la prochaine génération.

A propos de l’éducation aux Etats-Unis : Le coût sans doute le plus important de ce conflit (des « vagues » de l’école industrielle vs vague de l’école de la connaissance du futur) sera payé par près de 50 millions d’enfants actuellement obligés de fréquenter des écoles publiques qui tentent de les préparer, sans grand succès, à des emplois qui n’existeront plus. On peut appeler ça : voler l’avenir.

A propos des décisions collectives lentes: Dans l’économie et la société actuelles, la capacité à modifier ses plans en un clin d’œil et à prendre des décisions dans l’urgence est un mécanisme de survie vital. Sous la pression des changements à grande vitesse et de l’esor d’une nouvelle génération de plus en plus individualisée, le système de décision collective à la japonaise devrait décliner.

A propos de l’Europe :
En 2000, les dirigeants de l’UE ont fini par se réunir à Lisbonne pour annoncer courageusement leur intention de faire de l’Europe « l’économie fondée sur la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde » d’ici 2010. « Je n’avais pas autant ri depuis l’époque où le Politburo communiste annonçait des objectifs de production totalement irréalistes. C’était du même acabit », déclara Radek Sikorski, alors ancien vice-ministre des affaires étrangères de Pologne, quand l’objectif fut adopté.

28/06/2008

Un témoignage fascinant

Jill Bolte Taylor raconte son attaque cérébrale...

 

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23/06/2008

Merci Google et Hans Rosling !

Encore une fois Google met à la disposition de tous un outil très, très, très utile.
Après Google Sites dont j'ai déjà parlé ici et google trends dont j'ai parlé voici un petit gadget que toute personne (professeur, économiste, statisticien, sociologue, analyste financier, géographe ou historien plus particulièrement) ayant à traiter de chiffres et de colonnes se doit de connaître.
Pourquoi ?  tout simplement parce que l'outil en question permet de créer du sens et facilite l'analyse d'évolutions et de tendances. Comment ?  en permettant de VISUALISER les évolutions dans le temps.
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A l'origine il y a un professeur Suédois, Hans Rosling, que beaucoup connaissent par ses présentations
brillantes. (cf ici) et là son Blog.
A l'appui de ses présentations il y a l'outil "Gapminder" que Google a donc repris et rendu accessible à tous.
Pour ce faire il vous suffit d'ouvrir une feuille de calcul (équivalent d'excel) dans google doc puis de cliquer sur "insérer un gadget" et de choisir le gadget "Graphique de mouvement".
En respectant les consignes vous verrez qu'il est très facile de faire vous même ce type de graphique de mouvement et de l'importer ou vous le souhaitez:

06/06/2008

Jacek Yerka

Voici quelques uns des tableaux de ce peintre polonais... qui mérite d'être connu !

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Il y en a beaucoup d'autres sur son site ici.
 
 
 

 

18/04/2008

"Le nouvel homme nouveau"

3376603061297c06cee025ae7cf37fd0.jpgJ'étais hier matin dans un amphithéatre de l'Université de Nanterre. Il s'y tenait une soutenance de thèse un peu particulière... celle de Thierry Gaudin intitulée : "Innovation et prospective: la pensée anticipatrice". Pour en savoir plus sur Thierry Gaudin je vous invite à consulter sa bibliographie ici.
Sa présentation était à son image: originale, interdisciplinaire, empirique et métaphorique. Même si le jury (composé entre autres de deux sociologues, d'un psychanaliste, d'un philosophe) lui a repproché quelques raccourcis cela ne l'a pas empêché de recevoir son titre de docteur en sciences humaines et de l'information avec les honneurs.
La conclusion de sa thèse (240 pages qui probablement vont se transformer en un livre) est résumée par sa dernière phrase: Nous allons vers un changement de paradigme: "de la lutte pour la vie, traduite en compétitivité, à la reconnaissance traduite en individuation". Si vous n'arrivez pas en consultant wikipédia à vous faire une idée de ce qu'est l'individuation allez lire cette définition

Mais ce qui m'a poussé à écrire ce post c'est la réponse de Thierry Gaudin quand autour du buffet je lui ai demandé si il évoquait ou non le courant transhumaniste et la singularité dans sa thèse.
Je considère en effet que c'est une philosophie un courant essentiel dès lors que l'on traite de la
pensée anticipatrice et de prospective. Or la réponse de Thierry m'a étonné dans la mesure ou il considère que les transhumanistes sont proches de la secte...

A ce sujet il faut dans un premier temps écouter cet excellent interview
8dab5711a6cc4c1750721d75399ae907.jpg de Antoine Robitaille, l'auteur de "Le nouvel homme nouveau". Il y détaille parfaitement ce que sont le post et le transhumanisme notamment en distinguant le courant "religieux" (Raël) proche de la secte de celui scientifique porté par Ray Kurzweill ou Stephen Hawking.
Si vous êtes plus préssé alors lisez cet article.
Si vous avez plus de temps et souhaitez approfondir le sujet lisez l'ouvrage d'Antoine Robitaille, incontournable pour se faire un avis critique et commencer à se poser les bonnes questions !

26/12/2007

C'est dans l'air ...

Avez-vous lu "La Possibilité d'une île" ? de Michel Houellebecq ... vous savez l'écrivain assez3cd092aa4d2c5de7910d75a2952906e9.jpg 51229da4a3e07d604a8d80c98dc74a12.jpgcontroversé notamment pour sa critique des religions, l'islam dans son roman "Plateformes". Ce que j'apprécie le plus chez cet écrivain c'est son intelligence, sa capacité à poser des questions et à faire réfléchir.
Beaucoup a été écrit au sujet de ces livres, de son auteur et de son oeuvre en général.
Vous trouverez ici et là quelques avis et critiques contraires...mais en tous les cas il ne laisse pas indifférent et en particulier ce roman qu'il considère comme son meilleur.

Dans "La Possibilité d'une Ile", il est question de secte, de condition humaine, de sexe, d'amour, de religion, de la vieillesse...mais, j'en arrive a ce qui a particulièrement attiré mon attention dans ce livre dense et qui est d'ailleurs central:
Je pense que le roman est annonciateur d'une question fondamentale qui se posera dans quelques décennies, probablement de notre vivant, à toute l'humanité dans son ensemble mais aussi et surtout à chacun d'entre nous:
Souhaitons-nous, allons-nous collectivement, individuellement "bifurquer" vers une nouvelle espèce, vers un humain "augmenté" ?
A mon avis nous allons droit vers 2 espèces, l'être humain tel qu'il est aujourd'hui et un être humain augmenté, pour lesquelles les différences seront nettement plus importantes qu'entre l'homme actuel et les chimpanzés...

Si le livre ne vous tente pas j'ai découvert en surfant que le film tiré du livre va sortir sur les écrans prochainement.

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Aussi pour ceux qui souhaitent aller plus loin sur les questions d'éthique et d'évolution de l'espèce humaine, le Groupe Européen d'Ethique des Sciences et des nouvelles technologies (GEE) a publié en 2005 un document: "ASPECTS ÉTHIQUES DES IMPLANTS TIC DANS LE CORPS HUMAIN" dont je vous conseille la lecture. Les autres documents publiés par ce groupe de la comission européenne sont disponibles ici.

 

07/12/2007

Etes vous passé du modèle "linéaire intuitif" à celui "exponentiel historique": Une interview à ne pas manquer!!

Dans les cadre des "entretiens du futur", Denis Failly vient d'interviewer Ray Kurzweill dont j'ai déjà parlé il y a quelques mois ici, et . J'y reviens car cela me semble être trop important pour ne pas insister sur ce sujet.

Cette interview n'est à manquer sous aucun prétexte : tout y est dit sur ce qui nous attend dans cette première moitié du 21ème siècle...

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J'ai notamment relevé:
- "
disease, aging, and death are problems we are now in a position to overcome."
- "Predicting specific projects is indeed not feasible. But the result of the overall complex, chaotic evolutionary process of technological progress is predictable."


Il faut que tous nous passions à une reflexion qui intègre les évolutions exponentielles que nous allons vivre !

 

02/12/2007

Apprendre autrement...

Lors de la conférence Educa On-Line de Berlin, on a beaucoup parlé de formation informelle, d'apprentissage dirigé par l'apprenant "learner driven learning", d'individualisation et d'interactivité.

Voici quelques exemples concrets qui montre que cela devient possible et ce en rupture totale avec nos modèles classiques de formation de masse issus du 20ème siècle:   

Ici dans des collèges aux Etats-Unis
Là dans les écoles au Royaume Uni

La musique est souvent annonciatrice du futur : rappelez vous ce morceau des pink floyd.
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Voyez aussi ce billet de Guitef (et surtout les liens) à propos de Sugatra Mitra dont je parlais dans mon post précédent. Cela me rapelle cette citation de St Exupery: "Dans la vie il n'y a pas de solutions, il y a des forces en marche: il faut les créer et les solutions suivent".
 En matière de formation, d'éducation, de nouvelles façons d'apprendre, les forces sont désormais en marche !!