21.04.2008

Pourquoi développer la formation informelle ?

Voici la suite du premier post sur "l'apprenance" (aussi paru ici):

Pourquoi développer la formation informelle ?

Les nouveautés technologiques se succèdent à un rythme toujours plus rapide. De nouveaux usages apparaissent. Notre capacité à apprendre est mise à rude épreuve.

La Formation tout au long de la Vie », qui résonnait encore il y a quelques années comme un slogan, est en passe de devenir une réalité pour beaucoup d’entre nous, et sous des modalités différentes peut-être de celles attendues...

Notre capacité à apprendre est mise à rude épreuve…

Lorsque la radio est apparue, il a fallut 38 ans pour atteindre 50 millions d’usagers, avec la « bonne vieille » télévision les 50 millions ont été atteints en 13 ans, pour l’ordinateur personnel (le PC) le même nombre a été atteint en 4 ans. Pour le téléphone portable, Google, Facebook et le Web 2.0 les rythmes d’adoption sont plutôt de l’ordre de l’année…

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Et très certainement, en 2008 nous serons confrontés à des innovations toujours plus nombreuses qui viendront challenger notre capacité à modifier nos pratiques, à découvrir de nouveaux outils, à apprendre plus, plus souvent et plus vite.

Si notre capacité à apprendre est mise à rude épreuve, nos modèles de formation formelle, paraissent en regard dépassés, voire désuets, pour relever le challenge d’apprendre plus, plus souvent, plus vite et à tout âge.

Nous l’avons vu la formation formelle, dans notre post prédédent, la formation formelle trouve sa justification sur une transmission de savoirs de base en masse, sur un mode passif. Cette approche rigide par définition ne nous incitait pas à apprendre par nous-mêmes, à découvrir, à expérimenter !


Vers un modèle plus riche et plus actif

Au delà de la motivation pour appréhender des connaissances sur des modes de plus en plus informels, il nous faut être actifs, être acteurs.

C’est donc avec un modèle beaucoup plus riche et souple à la fois que nous pourrons faire face aux nouveaux challenges qui nous font face.

Ce modèle doit privilégier l’expérimentation, le fait « d’apprendre en faisant » (action learning), le e-learning, le mobile-learning, le micro-learning, le social learning, la formation informelle… en résumé les dispositifs multiples et les occasions d’apprendre.

L’accélération des évolutions technologiques et sociologiques associées nous placent dans une connaissance à la fois dynamique et pratique.

Le challenge de l’ « Alphanétisation » est conséquent. Encore un néologisme ! celui-ci traduit le fait qu’une partie importante de la population, les « analphanets » se retrouvent incapables d’une part de s’exprimer et d’apprendre en toute autonomie avec les nouveaux outils et d’autre part de comprendre les enjeux et les implications professionnelles et personnelles des évolutions technologiques et sociologiques.

Aujourd’hui, il apparaît que les institutions de la formation conçues pour la transmission de connaissances statiques en mode passif sont dépassées !

Il nous faut passer désormais à l’apprenance

Il faut passer à une approche centrée sur l’apprenant, active, informelle, évolutive, pratique. De la formation, il faut passer à l’Apprenance. Je résumerai ce concept en le comparant à l’apprentissage. Si l’apprentissage c’est l’acquisition de savoir-faire, l’Apprenance c’est :

• une démarche individuelle : une attitude, un comportement individuel par rapport au savoir qui va favoriser l’acte d’apprendre. Cette attitude est celle de l’anticipation, de l’ouverture, de l’humilité et de la motivation qui va permettre de s’adapter aux évolutions incessantes de notre environnement (technologies, globalisation).

• Une démarche collective : portée par le contexte social, environnemental et culturel qui favorise ou non le fait d’apprendre en continu de manière informelle et expérimentale, individuellement mais aussi et surtout à plusieurs et en communautés.

Freins et opportunités pour développer l’apprenance

Si l’apprenance est nécessaire pour aujourd’hui et demain, les institutions de la formation, notre héritage culturel d’hier, représentent de plus en un frein dans nos sociétés occidentales, en particulier latines.

Il n’en est pas de même partout dans le monde. Comme avec le téléphone, certains pays émergents sont passés directement au sans fil car ils n’avaient pas les infrastructures filaires. Ces mêmes pays passent à l’apprenance rapidement car ils sont moins gênés par l’inertie de leurs institutions en place et par une culture de la passivité, de la prise en charge et de la déresponsabilisation.

3a3d2cea0bbdbacd9407133361386960.jpgEn reprenant la métaphore initiale, il faut, aujourd’hui, le plus vite possible favoriser l’usage des vélos en complément des bus. Il faut être capable d’enfourcher son vélo et de partir sur les chemins de l’apprenance. Encore faut-il entreprendre cette démarche à plusieurs pour disposer d’un phénomène d’entraînement.

A ce titre, les nouvelles facilités technologiques vont accélerer cette transition vers l’apprenance : e-learning, micro-learning, m-learning, social learning, action-learning et bientôt le virtual learning (apprendre en 3D dans les mondes virtuels), en multipliant les modalités, les temps et les contextes où tous nous pouvons apprendre, souvent les uns des autres.

Il faut le reconnaître, nous avons désormais à apprendre l’apprenance.

 

16.04.2008

"La révolution numérique est tellement rapide que même ceux qui ont un peu d'avance sont en retard" !!!

Cette jolie phrase est de Richard Descoings (Directeur de "Sciences Po") dans l'interview ci-après que je vous invite à lire avec attention:
Interview de Richard Descoings
2.2 Regards sur le numérique | Mars 2008
© Regardsurlenumerique.fr

Le gap entre générations qu'il souligne "tout cela est en train de créer un incroyable fossé entre le savoir et le savoir-faire des nouvelles générations versus le non savoir et le non savoir-faire des générations précédentes"   commence à se retrouver au sein des entreprises...

Pour "enfoncer le clou" voici une petite synthèse de ce qui arrive à vitesse grand V:

09.04.2008

La formation est dépassée ! elle n'est plus suffisante

Voici un post publié initialement sur le site In Principo et que je reprends ici car le sujet traité, "l'apprenance", est fondamental. (Merci Olivier pour ta contribution à ce post)
Qu'en pensez-vous ?   

Pourquoi la formation formelle n’est-elle plus suffisante ?
Lorsque nous parlons de formation ou pensons à une "formation", nous sous-entendons pour la plupart, qu’il s’agit de formation formelle, c’est-à-dire d’une formation avec un cadre bien défini, des objectifs pédagogiques, un formateur, professeur ou maître, un cursus, un dispositif pour évaluer, un calendrier, un diplôme ou un certificat.

La formation en mode formel est-elle la voie unique, la plus pertinente et la plus efficace pour les individus et les organisations d’aujourd’hui ?

eeb2cc0b18e5c5a46b427516fa3561da.jpgLes limites de la formation formelle
Pour filer une métaphore, se former c’est prendre un car : il y a un point de rendez-vous, un horaire de départ, un chauffeur et un guide, une destination avec quelques arrêts prédéfinis pour se dégourdir et puis des passagers qui avancent tous ensemble et arrivent à la même heure au même endroit. La seule différence au cours de ce voyage est que certains auront profité ou subit plus que d’autres le paysage et les informations données (ou les connaissances transférées) par le guide.

Qu’il s’agisse de formations scolaires, universitaires ou professionnelles, nous sommes tous passés par ces institutions dans lesquelles le modèle est celui de la salle de classe avec un « sachant » qui « transfère ses connaissances » à des « appris». Ce néologisme est tiré du terme anglais « learned » qui est souvent traduit par « apprenant », participe présent actif. Dans le cadre d’un processus formel, il serait plus exact de dire « appris » sens passif du terme.

En effet, l’interactivité est en général assez limitée dans la mesure où tout est organisé autour des contraintes temporelles, spatiales et humaines : la salle, les objectifs et l’agenda, le professeur/formateur, le nombre de participants, les évaluations…

Il ne s’agit pas ici de dénigrer le modèle qui a façonné notre enfance et au-delà tout le 19ème et 20ème siècle en matière de formation et d’éducation. Il a été très utile pour former en masse et relativement efficacement aux bases de l’écriture, de la lecture, au calcul puis aux matières générales et professionnelles comme la comptabilité ou les langues. Il ne s’agit pas non plus de dénigrer cette formation formelle dans la mesure ou elle a toute son utilité pour des groupes d’apprenants de niveau homogène qui débutent avec une matière.

Nous avons tous eu le sentiment de perdre notre temps à écouter passivement un professeur Je dis relativement efficacement car ce système ne convient pas à tous et aussi et surtout parce que le temps perdu et cumulé à chaque fois qu’il y a inadéquation entre les attentes et besoins et ce qui est proposé est considérable. Nous avons tous eu le sentiment de perdre notre temps à écouter8f5d88fdc78a063127861aa98e52569e.jpg passivement un professeur, sans pouvoir interagir, sans pouvoir crier notre incompréhension, sans pouvoir échanger …

Ainsi, la formation formelle correspond à une approche de masse sur des contenus établis, des bases.

La croissance de l’apprentissage informel
Mais de plus en plus, la complexité du monde, la rapidité de ses évolutions nous incitent à apprendre en permanence, de façon diffuse, non planifiée, au moment où nous en avons besoin, auprès de collègues ou d’amis, par imitation et/ou par l’action, seul ou en communauté, grâce à un coach ou un mentor, « sur le tas ».
Dans un monde plus complexe, où les évolutions s’accélèrent, cet apprentissage informel se doit désormais d’être considéré comme une forme d’intégration essentielle des connaissancesDans ces circonstances variées, nous parlons d’ailleurs plus volontiers d’apprendre que de former ou d’être formé. Les mots ont leur importance, ils traduisent ici un état assez caractéristique, celui de l’action, de la dynamique en un mot celui de la MOTIVATION.

Dans un monde plus complexe, où les évolutions s’accélèrent, cet apprentissage informel se doit désormais d’être considéré pleinement, il devient même une forme d’intégration essentielle des connaissances. Les nouvelles générations, celles du tout numérique, progressent principalement sur ce mode : elles apprennent par l’action, de façon plurielle et plus informelle.

Une nouvelle façon d’appréhender la formation : l’apprenance
Quand nous nous formons de façon informelle, nous n’y pensons pas c’est une activité « naturelle ». On ne pense pas aux notes ou à l’évaluation, on cherche tout simplement à comprendre, à résoudre un problème, à imiter ou à copier le mieux possible, à faire et à remplir notre tâche au mieux ou à satisfaire notre curiosité parce que tout cela revêt un sens pour nous. Nous pourrions formuler ou résumer les deux approches de la façon suivante : lorsque j’apprends c’est que je suis motivé, par contre lorsque je me forme ou que l’on me forme, la motivation n’est pas obligatoire, elle est secondaire et souvent artificielle.

Peut-on dès lors dire que l’on se forme de manière informelle ? La contradiction est apparente et n’est pas un hasard des mots. La forme touche au fond. Certains, partant de l’individu en recherche de connaissances et non du formateur préfèrent parler d’apprenance. L’apprenance n’est-elle pas finalement aujourd’hui le vrai sujet ?

A suivre…

17.02.2008

Les Explorateurs du Web chez les Netxplorateurs

Jeudi et vendredi dernier le Sénat accueillait la première édition du Forum "Netxplorateurs".
Deux journées particulièrement riches à la croisée de 3 mondes, celui de l'Innovation, de l'Economique et de la Société civile et politique.
Le forum entend s'inscrire dans la durée avec une ambition forte : devenir à terme une sorte de Davos du Numérique.
Nous étions quelques Explorateurs du Web présents grâce à l'opiniâtreté de l'un d'entre nous (merci Sébastien !) mais quoi de plus naturel, Explorateurs du Web et Netxplorateurs sommes cousins germains et très complémentaires.
Voir ici quelques photos. Non non Jean-Pierre Raffarin n'est pas encore Explorateur du Web ! il a simplement prononcé un petit discours préalable à la remise des prix.

Beaucoup de moments et termes forts ont ponctués ces journées et certains ont retenu mon attention:

- Le témoignage de Mitchell BAKER, présidente de Mozilla (navigateur Firefox), a montré toute la force et l'efficacité du modèle Open Source en matière de création de software. J'y ai appris beaucoup sur
1)
Le modèle d'organisation et de décision
Ce n'est pas une démocratie, il n'y a pas de concensus pour autant mais tout est inversé par rapport à une entreprise traditionnelle: la présidente intervient le moins possible (principe de subsidiarité) et chaque décideur, détenteur d'un bout de code du logiciel, est jugé par les personnes qui contribuent à l'amélioration du logiciel.
2) Le modèle économique
Les 150 salariés sont rémunérés en grande partie grâce au moteur de recherche qui se trouve en haut à droite de la fenêtre Firefox (principalement google). Donc si comme moi vous utilisez cette mini-fenêtre plutôt que la page d'accueil de Google vous contribuerez au 70M€ que Google (et d'autres) reverse tous les ans à Mozilla.
3) Le modèle de cohérence et de sens
Tout est basé sur la motivation des bénévoles (et des salariés) et le sentiment d'être UTILE à la société et de faire quelque chose qui doit être fait parce que c'est le sens de l'histoire.

8e6311bad814dc62161731ad338c2c17.jpg - Le "Desktop Factory" de Cathy LEWIS ou comment imprimer des objets en 3D pour 5000$ (moins de 1000$ en 2012). Encore de la désintermédiation ! on est dans l'UGC (User Generated Content) pour la matière et non plus seulement pour le virtuel.

- Rafi Haladjan créateur du lapin
e063e3f19d53787922ed9fe86b5cfc90.gif communiquant "Nabastag" nous a exposé, non sans humour, la stratégie de sa société (VIOLET) :
1 ère étape : connecter les lapins
2 ème étape: connecter tout le reste !!!
Hé oui, le monde des objets connectés c'est pour maintenant, notamment avec les puces RFID... il y a 100 000 milliards d'objets à connecter. L'Asie a commencé sans attendre (300 millions de cartes d'identités en Chine, permier marché au monde avec 2 milliards de $ sur un marché total de 5 mds en 2007).
a497e39569f82ef3420d77334c36d839.jpg Nous allons de plus en plus entendre parler de "USN" : Ubiquitous Sensor Network. En la matière il semble que ce soit la Corée qui ait un temps d'avance avec une ville nouvelle de 50 km2: Songdo, la ville de l'Ubiquité.


- L'intervention de Bernard Charles, pdg de Dassault Systèmes, qui tournait autour du 3D en tant que média
a impressionné l'assistance. 3D, média pour apprendre, découvrir, innover et expérimenter. En la matière Bernard Charles plaide pour une révolution dans les modèles d'enseignements, il anticipe une capitalisation du savoir dans les mondes virtuels et s'interroge sur la necéssité d'inventer de nouveaux modèles économiques tout en insistant sur la protection du savoir virtuel et le besoin d'accompagner le changement.

02.12.2007

Apprendre autrement...

Lors de la conférence Educa On-Line de Berlin, on a beaucoup parlé de formation informelle, d'apprentissage dirigé par l'apprenant "learner driven learning", d'individualisation et d'interactivité.

Voici quelques exemples concrets qui montre que cela devient possible et ce en rupture totale avec nos modèles classiques de formation de masse issus du 20ème siècle:   

Ici dans des collèges aux Etats-Unis
Là dans les écoles au Royaume Uni

La musique est souvent annonciatrice du futur : rappelez vous ce morceau des pink floyd.
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Voyez aussi ce billet de Guitef (et surtout les liens) à propos de Sugatra Mitra dont je parlais dans mon post précédent. Cela me rapelle cette citation de St Exupery: "Dans la vie il n'y a pas de solutions, il y a des forces en marche: il faut les créer et les solutions suivent".
 En matière de formation, d'éducation, de nouvelles façons d'apprendre, les forces sont désormais en marche !!

10.11.2007

Simon Wardley

Vous disposez de 45' ?
Non ?  dommage, très dommage car cette présentation est absolument à voir (en grand) et à comprendre quitte à prendre des cours d'anglais avant si vous êtes un peu juste !!!
Je vous laisse découvrir l'auteur, Simon Wardley, directement sur son blog.
Il y aurait beaucoup à dire sur cette présentation mais je vais me contenter de la synthétiser en quelques mots:
- FONDAMENTALE pour mieux comprendre les processus à l'oeuvre (Open Source, Innovations, Accélération, WEB...)
- HUMOUR très British: sauvez les canards !
- PEDAGOGIQUE: apprenez ce qu'est la Commoditasation, la commodification, le XAAS et bien d'autres choses

Merci à Christian Fauré (blog vraiment excellent) et à Aurélien Pelletier (qui était à Berlin pour la conférence WeB2.0 où cette présentation a eu lieu) de l'avoir publié sur leur blog.

 

19.10.2007

Histoire des religions en 90 secondes

Quand la cartographie est dynamique cela donne cette animation exceptionnelle:

J'en aurais rêvé à la place de certains de mes cours d'histoire rébarbatifs ! On apprend vite et en plus cela crée de l'appétence, une envie d'en savoir plus...
A regarder en plein écran ! Sur le site "map of wars" il y en a d'autres que je vous laisse découvrir...
(Source : l'excellent site Guitef )

10.10.2007

La valeur que nous apportons aux organisations...

7736deb8458a4b12b2e5de658e60b1f3.pngParfois un film, un roman ou encore une rencontre éclaire un sentiment ou une reflexion latente que vous n'avez pas encore exprimé et qui soudain se révèle à vous... c'est un moment un peu "magique" quelque chose de comparable peut-être à Proust et ses madeleines.
Ce moment, comme je viens de le vivre à l'instant en lisant ce post dans l'excellent blog de Dave Pollard, je le partage avec vous !  Voici le passage clé en question qui résume parfaitement ce que je crois aussi:
 

"The value you bring to an organization is not what you do, what processes and infrastructure and other 'organizational changes' you implement, or even what decisions you make. Those things are all transient; they are gone before you know it. The only sustainable value you bring to an organization is what you show and teach and inspire in other people you work with. Because those things are infectious, so that even when you've gone, even when the people you knew there have gone, that learning and that important information and those mind-changing ideas that you precipitated will go on and on, passed virally from one person to another. Those viruses are what makes the organizational culture what it is. That is no small thing."

Tous l'article bien entendu vaut la peine, en particulier il montre l'inutilité de la plupart des démarches "KM" telles qu'elles sont mises en oeuvre en entreprise. 

29.09.2007

"L'imagination est plus importante que la connaissance"

Cette citation d'Einstein est de plus en plus d'actualité.
Selon un guru américain (Robert Kelley) le pourcentage de savoirs que l'on doit mémoriser pour effectuer son travail diminue d'année en année.
fca0d4129bbd78c1b535a98abe6940ba.jpg En 1986 il était de 75%, en 1997 compris entre 15 et 20%, en 2006 il est estimé à 8%/10%.
Savoir ou se trouvent les réponses dont on a besoin est plus important que de les stocker dans sa tête.

Ceci sera d'autant plus vrai que l'espérance de vie d'un savoir utile se réduit constamment...
d'où l'importance d'apprendre à trouver la réponse dont on a besoin au moment ou l'on en a besoin que se soit en ligne ou pas.

03.11.2006

Vers une guerre des intelligences ?

Il existe un paradoxe difficile et délicat:

Difficile parce qu'il demande d'une part de bien connaitre le concept et les pratiques d'intelligencemedium_memoire2.jpg économique (IE) et d'autre part d'être au fait de ce qui se déroule sous nos yeux: ...la mise en réseau des cerveaux humains.
Délicat parce que l'on touche avec l'IE aux questions économiques et politiques qui font débat: compétivité, emploi et délocalisation, innovation, fuite des cerveaux ...

Quel est ce paradoxe ?
Celui du secret et de la protection des informations sensibles confrontés à l'impérieuse necéssité de collaborer, d'échanger et de transférer des savoirs et des connaissances et de mettre en réseau les personnes pour apprendre et innover. Comment continuer à innover tout en cloisonnant et en sécurisant l'information alors que de plus en plus l'innovation résulte de la confrontation d'idées et d'experts qui se trouvent hors de l'entreprise ? Comment favoriser le fait d'apprendre mieux et plus et d'apprendre collectivement si règne un climat de paranoïa ? L'organisation apprenante et l'intelligence collective existent-elles ?

Prenons un exemple concret pour illustrer cela: Il existe aujourd'hui des sites, LinkedIn par exemple, qui permettent de mettre en réseau des personnes en ouvrant les carnets d'adresses de chacun des membres en les mettant à la disposition du réseau. Il va de soi qu'une fois le réseau devenu significatif il devient possible d'obtenir de véritables cartographies des relations et flux entre les personnes du réseau. Ainsi, c'est la mise en réseau des idées, compétences des personnes qui permet à chacun d'apprendre plus et mieux et d'être connecté et l'on voit ainsi petit à petit se dessiner les prémisses d'une inteliigence collective à travers d'autres outils tels les wikis.

A mon avis la question n'est pas d'opposer Intelligence Economique et Intelligence Collective elle est de bien distinguer que l'IE relève plus du monde des entreprises et de la concurrence entre celles-ci, on parle de compétition, alors que l'intelligence collective résulte de la mise en réseau des individus et de leur cerveaux en un mot la coopération. Ceci n'empêche en rien la compétition entre individus pour un poste par exemple...

Reste au milieu une zone floue celle de la "coopétition" !