17/05/2008

Formation Informelle suite et fin ...

Fin de la trilogie sur l'apprenance et la formation informelle:  

Comment développer l’apprenance ?

Comme vu précédemment, l’apprenance est et sera de plus en plus nécessaire à chacun. Pour avancer concrètement, nous répondrons ici à trois questions :
- Comment apprendre l’apprenance ?
- Comment développer à la fois sa motivation pour appréhender par soi-même et avec d’autres des connaissances informelles ?
- Quels contextes, formels eux, proposer ou mettre en œuvre ?
Des expériences et services innovants, des contextes favorables peuvent nous montrer la voie. Voici 4 exemples concrets et prometteurs, tous différents, qui illustrent la tendance de fond en train d'émerger.

Ces exemples partent tous du constat établit par Kant, il y a 200 ans :
« Ce que l’on apprend le plus solidement et que l’on retient le mieux,
c’est ce que l’on apprend en quelque sorte par soi-même »
Kant, Traité de pédagogie (1803)

Ils ont aussi comme point commun de proposer une transition importante :

Passer du droit à la formation au devoir d’apprendre et de développer ses compétences.

EnglishPost :

C’est au rang des solutions qui permettent l’apprenance que se situe EnglishPost.
A la croisée entre le formel et l’informel, le dirigé et l’auto-dirigé la solution EnglishPost propose d’apprendre l’Anglais par l’utilisation d’un Blog et avec l’aide d’un coach.
Le principe est de faire en sorte que la motivation de l’apprenant soit optimale et donc de centrer le dispositif d’apprenance autour de ses besoins, centres d’intérêts et aussi contraintes.
En fait il faudrait plutôt ici parler non pas de mode dirigé ou auto-dirigé mais plutôt de mode co-dirigé. C’est par les interactions et dans l’écoute réciproque entre le coach et l’apprenant que se définissent le parcours et les apprentissages.
513563576613c87fd33bf94d335de942.jpgCeux-ci vont répondre à la fois aux besoins globaux de progrès de l’apprenant mais aussi aux besoins immédiats en tenant compte de la disponibilité, des envies et du contexte évolutif personnel et professionnel de l’apprenant.
Les besoins de progrès sont identifiés en amont par un audit classique du niveau. Les contenus pédagogiques traditionnels et multimédias (grammaire, conjugaison, vocabulaire, exercices, tests, quizz…) sont disponibles facilement et intégrés au blog. Ils peuvent être recommandés par le coach ou consultés à loisir et en toute autonomie par l’apprenant.

Mais, c’est surtout au travers du fil d’échanges et d’articles (posts), donc de façon informelle et aussi naturelle que possible, que se déroulent les apprentissages, dans le lien tissé, dans une relation de confiance qui s’inscrit dans la durée. Il n’y a plus là de rapport professeur à élève, celui-ci s’efface au profit d’une relation basée sur le sens, la motivation et les échanges et dans laquelle l’amélioration du niveau d’anglais est une conséquence naturelle.
L’apprenant écrit, pose des questions concrètes et précises à son coach, rédige des articles qui font sens pour lui, partage ses découvertes et passions et ce, au moment où il le souhaite au moment le plus propice pour lui.
C’est aussi dans les interactions entre apprenants via leurs blogs respectifs que des apprentissages non intentionnels vont s’effectuer, par le bouche à oreilles, autour des centres d’intérêts de chacun et des remarques et commentaires des coachs et des autres apprenants.
Site englishpost

ExplorCamp

Un « Explorcamp » est un moment d'apprenance intense et rythmé dans un contexte collectif, facilitant la découverte, l’échange, la réflexion.
Il réunit, pendant une demi-journée ou une journée, autour de tables d’Exploration, entre 30 et 150 participants désireux de découvrir, d’apprendre, d’échanger et de réfléchir aux outils, usages et évolutions du Web.

Animé et préparé par un collectif de professionnels passionnés, Les Explorateurs du Web, l’ExplorCamp n’est pas une formation traditionnelle mais un moment privilégié pour apprendre de façon informelle sur les nouveaux outils et usages qui permettent plus de collaboration, plus de fluidité.

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L'ExplorCamp créé un contexte qui vous encourage à être acteur. Le rythme rapide, changement de table toutes les 25’ à 45’, laisse le loisir de découvrir beaucoup pour approfondir uniquement ce qui revêt un intérêt.
Les tables sont orientées autour de 3 attitudes ou options:
- je découvre (comment utiliser, comment faire)
ex : wikis, comment faire une veille individuelle ou collective, créer et diffuser des vidéos, ...
- je comprends (pourquoi utiliser, pourquoi faire)
ex : ce qu'est le Web 2.0, une veille partagée, un blog collectif, un site collaboratif pour monter un séminaire
- nous échangeons, réfléchissons (débats et partage d'expériences autour thèmes et questions)
Ex: les réseaux sociaux en entreprise, l'identité numérique, le retour du bouche à oreilles, l’Open Source, impacts du Web2.0 sur la RH…

L’objectif principal d’un ExplorCamp est de créer de l’appétence pour les participants en sortant de la logique de « gavage conceptuel » encore trop souvent pratiqué dans les formations traditionnelles.

Le but est qu’à l’issu de l’expérience chacun des participants se dise : « j’ai envie de tester cela dans ce contexte » ou alors « tiens cela m’a donné une idée que je vais mettre en œuvre dans ce projet ».
Par la diversité des sujets traités, par le rythme rapide, par la complémentarité des styles de présentation, un ExplorCamp favorise l’apprentissage informel et non intentionnel ainsi que la création de liens entre les participants.
Site : Les Explorateurs du Web

Team Factory:

A l’origine de TeamFactory, il y a la création en 1993 de Team Academy : un département spécial dédié à l'entrepreneuriat au sein de l'Université finlandaise polytechnique de Jyväskylä. TeamFactory est l’une des unités créées par des passionnés de l’expérience finlandaise. TeamFactory est aujourd'hui présente à Paris, et en réseau avec d’autres unités récemment créées à Angers et Strasbourg, Bilbao, Londres, Essen, Amsterdam et en Slovénie.

A Team Academy, il n'y pas d'enseignants, mais des coachs, pas de programme53bf9d78770da23fab4c813a93a97e7f.jpg mais un contrat d'apprentissage, pas d'amphi mais des bureaux et des salles de réunions, pas d'étudiants mais des "apprenants" réunis au sein d'équipe d'entrepreneurs (team entrepreneur).

Une pédagogie unique : pas de cours, mais, comme point de départ, essentiellement des missions réelles auprès de clients, travaillées par le dialogue en équipe, soutenues par la lecture, guidées par les coachs et renforcées par l’envie d’apprendre pour soi et avec les autres.

Les deux éléments principaux qui fondent la méthode pédagogique sont :
1) l'apprentissage par l'action ou « l’expérimentation active (learning-by-doing)
2) l'équipe apprenante (team learning).

Au centre du dispositif se trouve l'apprenant, membre d'une équipe d'entrepreneurs, qui agit en totale responsabilité et liberté sur son propre parcours d'apprentissage. Ce parcours est construit et mis en œuvre au profit d'un projet commun. Ce projet, véritable challenge, se déroule au sein de l'équipe d'entrepreneurs structurée comme une micro-entreprise. Tout au niveau du projet est réel : la mise en responsabilité est réelle, l'intervention de l'équipe auprès du client est réelle, la facturation est réelle… Chaque étape du projet, chaque difficulté rencontrée est l'occasion d'un apprentissage, d'un approfondissement, d'un échange. Chaque initiative, chaque idée doit être testée et enrichie par le groupe.

Site : Team Factory

Savoirs pour tous:

« Savoirs pour tous » est un réseau de lieux de formation en plein développement proposant une individualisation totale des parcours de formation. Tout comme pour Team Factory la base de départ se fonde sur l’engagement de l’apprenant formalisé dans un contrat.

Que ce soit pour revoir les bases de la comptabilité en 3 semaines ou s’initier au marketing en utilisant son « DIF » (Droit Individuel à la Formation) c’est l’apprenant qui va, en fonction de ses objectifs professionnels et personnels, construire son parcours et aussie955b0d03c31ba7a85d58131e9638aa9.jpg son emploi du temps en fonction de ses contraintes.
Les possibilités sont nombreuses et les parcours se construisent au sein d’une des 13 thématiques ou en combinant plusieurs d’entre elles :
Secrétariat Bureautique, Comptabilité Gestion Finance, Langues étrangères, Management, Développement Personnel, Commerce Vente, Marketing, Formations spéciales Agence de Voyage, Stratégie et création d’entreprise, Informatique, Finance Banque, Qualité, Consolidation des connaissances scolaires.
Le parcours pédagogique repose sur l’utilisation de ressources en ligne au sein d’une grande salle « open space » ainsi que sur un accompagnement personnalisé par une équipe de tuteurs dont l’un sera le référent pour le parcours de formation.
Pour chacun des objectifs que l’apprenant se fixe, un formateur/tuteur propose les supports pédagogiques les plus pertinents et conçoit des exercices adaptés au contexte et au style d’apprentissage de chacun.
Le contexte « open Space » favorise aussi les échanges et l’entre aide entre apprenants.

Site : Savoirs pour tous

21/04/2008

Pourquoi développer la formation informelle ?

Voici la suite du premier post sur "l'apprenance" (aussi paru ici):

Pourquoi développer la formation informelle ?

Les nouveautés technologiques se succèdent à un rythme toujours plus rapide. De nouveaux usages apparaissent. Notre capacité à apprendre est mise à rude épreuve.

La Formation tout au long de la Vie », qui résonnait encore il y a quelques années comme un slogan, est en passe de devenir une réalité pour beaucoup d’entre nous, et sous des modalités différentes peut-être de celles attendues...

Notre capacité à apprendre est mise à rude épreuve…

Lorsque la radio est apparue, il a fallut 38 ans pour atteindre 50 millions d’usagers, avec la « bonne vieille » télévision les 50 millions ont été atteints en 13 ans, pour l’ordinateur personnel (le PC) le même nombre a été atteint en 4 ans. Pour le téléphone portable, Google, Facebook et le Web 2.0 les rythmes d’adoption sont plutôt de l’ordre de l’année…

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Et très certainement, en 2008 nous serons confrontés à des innovations toujours plus nombreuses qui viendront challenger notre capacité à modifier nos pratiques, à découvrir de nouveaux outils, à apprendre plus, plus souvent et plus vite.

Si notre capacité à apprendre est mise à rude épreuve, nos modèles de formation formelle, paraissent en regard dépassés, voire désuets, pour relever le challenge d’apprendre plus, plus souvent, plus vite et à tout âge.

Nous l’avons vu la formation formelle, dans notre post prédédent, la formation formelle trouve sa justification sur une transmission de savoirs de base en masse, sur un mode passif. Cette approche rigide par définition ne nous incitait pas à apprendre par nous-mêmes, à découvrir, à expérimenter !


Vers un modèle plus riche et plus actif

Au delà de la motivation pour appréhender des connaissances sur des modes de plus en plus informels, il nous faut être actifs, être acteurs.

C’est donc avec un modèle beaucoup plus riche et souple à la fois que nous pourrons faire face aux nouveaux challenges qui nous font face.

Ce modèle doit privilégier l’expérimentation, le fait « d’apprendre en faisant » (action learning), le e-learning, le mobile-learning, le micro-learning, le social learning, la formation informelle… en résumé les dispositifs multiples et les occasions d’apprendre.

L’accélération des évolutions technologiques et sociologiques associées nous placent dans une connaissance à la fois dynamique et pratique.

Le challenge de l’ « Alphanétisation » est conséquent. Encore un néologisme ! celui-ci traduit le fait qu’une partie importante de la population, les « analphanets » se retrouvent incapables d’une part de s’exprimer et d’apprendre en toute autonomie avec les nouveaux outils et d’autre part de comprendre les enjeux et les implications professionnelles et personnelles des évolutions technologiques et sociologiques.

Aujourd’hui, il apparaît que les institutions de la formation conçues pour la transmission de connaissances statiques en mode passif sont dépassées !

Il nous faut passer désormais à l’apprenance

Il faut passer à une approche centrée sur l’apprenant, active, informelle, évolutive, pratique. De la formation, il faut passer à l’Apprenance. Je résumerai ce concept en le comparant à l’apprentissage. Si l’apprentissage c’est l’acquisition de savoir-faire, l’Apprenance c’est :

• une démarche individuelle : une attitude, un comportement individuel par rapport au savoir qui va favoriser l’acte d’apprendre. Cette attitude est celle de l’anticipation, de l’ouverture, de l’humilité et de la motivation qui va permettre de s’adapter aux évolutions incessantes de notre environnement (technologies, globalisation).

• Une démarche collective : portée par le contexte social, environnemental et culturel qui favorise ou non le fait d’apprendre en continu de manière informelle et expérimentale, individuellement mais aussi et surtout à plusieurs et en communautés.

Freins et opportunités pour développer l’apprenance

Si l’apprenance est nécessaire pour aujourd’hui et demain, les institutions de la formation, notre héritage culturel d’hier, représentent de plus en un frein dans nos sociétés occidentales, en particulier latines.

Il n’en est pas de même partout dans le monde. Comme avec le téléphone, certains pays émergents sont passés directement au sans fil car ils n’avaient pas les infrastructures filaires. Ces mêmes pays passent à l’apprenance rapidement car ils sont moins gênés par l’inertie de leurs institutions en place et par une culture de la passivité, de la prise en charge et de la déresponsabilisation.

3a3d2cea0bbdbacd9407133361386960.jpgEn reprenant la métaphore initiale, il faut, aujourd’hui, le plus vite possible favoriser l’usage des vélos en complément des bus. Il faut être capable d’enfourcher son vélo et de partir sur les chemins de l’apprenance. Encore faut-il entreprendre cette démarche à plusieurs pour disposer d’un phénomène d’entraînement.

A ce titre, les nouvelles facilités technologiques vont accélerer cette transition vers l’apprenance : e-learning, micro-learning, m-learning, social learning, action-learning et bientôt le virtual learning (apprendre en 3D dans les mondes virtuels), en multipliant les modalités, les temps et les contextes où tous nous pouvons apprendre, souvent les uns des autres.

Il faut le reconnaître, nous avons désormais à apprendre l’apprenance.

 

09/04/2008

La formation est dépassée ! elle n'est plus suffisante

Voici un post publié initialement sur le site In Principo et que je reprends ici car le sujet traité, "l'apprenance", est fondamental. (Merci Olivier pour ta contribution à ce post)
Qu'en pensez-vous ?   

Pourquoi la formation formelle n’est-elle plus suffisante ?
Lorsque nous parlons de formation ou pensons à une "formation", nous sous-entendons pour la plupart, qu’il s’agit de formation formelle, c’est-à-dire d’une formation avec un cadre bien défini, des objectifs pédagogiques, un formateur, professeur ou maître, un cursus, un dispositif pour évaluer, un calendrier, un diplôme ou un certificat.

La formation en mode formel est-elle la voie unique, la plus pertinente et la plus efficace pour les individus et les organisations d’aujourd’hui ?

eeb2cc0b18e5c5a46b427516fa3561da.jpgLes limites de la formation formelle
Pour filer une métaphore, se former c’est prendre un car : il y a un point de rendez-vous, un horaire de départ, un chauffeur et un guide, une destination avec quelques arrêts prédéfinis pour se dégourdir et puis des passagers qui avancent tous ensemble et arrivent à la même heure au même endroit. La seule différence au cours de ce voyage est que certains auront profité ou subit plus que d’autres le paysage et les informations données (ou les connaissances transférées) par le guide.

Qu’il s’agisse de formations scolaires, universitaires ou professionnelles, nous sommes tous passés par ces institutions dans lesquelles le modèle est celui de la salle de classe avec un « sachant » qui « transfère ses connaissances » à des « appris». Ce néologisme est tiré du terme anglais « learned » qui est souvent traduit par « apprenant », participe présent actif. Dans le cadre d’un processus formel, il serait plus exact de dire « appris » sens passif du terme.

En effet, l’interactivité est en général assez limitée dans la mesure où tout est organisé autour des contraintes temporelles, spatiales et humaines : la salle, les objectifs et l’agenda, le professeur/formateur, le nombre de participants, les évaluations…

Il ne s’agit pas ici de dénigrer le modèle qui a façonné notre enfance et au-delà tout le 19ème et 20ème siècle en matière de formation et d’éducation. Il a été très utile pour former en masse et relativement efficacement aux bases de l’écriture, de la lecture, au calcul puis aux matières générales et professionnelles comme la comptabilité ou les langues. Il ne s’agit pas non plus de dénigrer cette formation formelle dans la mesure ou elle a toute son utilité pour des groupes d’apprenants de niveau homogène qui débutent avec une matière.

Nous avons tous eu le sentiment de perdre notre temps à écouter passivement un professeur Je dis relativement efficacement car ce système ne convient pas à tous et aussi et surtout parce que le temps perdu et cumulé à chaque fois qu’il y a inadéquation entre les attentes et besoins et ce qui est proposé est considérable. Nous avons tous eu le sentiment de perdre notre temps à écouter8f5d88fdc78a063127861aa98e52569e.jpg passivement un professeur, sans pouvoir interagir, sans pouvoir crier notre incompréhension, sans pouvoir échanger …

Ainsi, la formation formelle correspond à une approche de masse sur des contenus établis, des bases.

La croissance de l’apprentissage informel
Mais de plus en plus, la complexité du monde, la rapidité de ses évolutions nous incitent à apprendre en permanence, de façon diffuse, non planifiée, au moment où nous en avons besoin, auprès de collègues ou d’amis, par imitation et/ou par l’action, seul ou en communauté, grâce à un coach ou un mentor, « sur le tas ».
Dans un monde plus complexe, où les évolutions s’accélèrent, cet apprentissage informel se doit désormais d’être considéré comme une forme d’intégration essentielle des connaissancesDans ces circonstances variées, nous parlons d’ailleurs plus volontiers d’apprendre que de former ou d’être formé. Les mots ont leur importance, ils traduisent ici un état assez caractéristique, celui de l’action, de la dynamique en un mot celui de la MOTIVATION.

Dans un monde plus complexe, où les évolutions s’accélèrent, cet apprentissage informel se doit désormais d’être considéré pleinement, il devient même une forme d’intégration essentielle des connaissances. Les nouvelles générations, celles du tout numérique, progressent principalement sur ce mode : elles apprennent par l’action, de façon plurielle et plus informelle.

Une nouvelle façon d’appréhender la formation : l’apprenance
Quand nous nous formons de façon informelle, nous n’y pensons pas c’est une activité « naturelle ». On ne pense pas aux notes ou à l’évaluation, on cherche tout simplement à comprendre, à résoudre un problème, à imiter ou à copier le mieux possible, à faire et à remplir notre tâche au mieux ou à satisfaire notre curiosité parce que tout cela revêt un sens pour nous. Nous pourrions formuler ou résumer les deux approches de la façon suivante : lorsque j’apprends c’est que je suis motivé, par contre lorsque je me forme ou que l’on me forme, la motivation n’est pas obligatoire, elle est secondaire et souvent artificielle.

Peut-on dès lors dire que l’on se forme de manière informelle ? La contradiction est apparente et n’est pas un hasard des mots. La forme touche au fond. Certains, partant de l’individu en recherche de connaissances et non du formateur préfèrent parler d’apprenance. L’apprenance n’est-elle pas finalement aujourd’hui le vrai sujet ?

A suivre…

31/10/2006

Apprendre ou être formé ?

Le 20ème siècle aura été celui de l'industrialisation où le rôle de l'éducation était de former en masse de futurs salariés et ouvriers qui consommeraient en masse les produits fabriqués.
Les enfants qui naissent en ce début de siècle n'auront pas d'autre choix que d'apprendre tout au long de leur vie... cette faculté d'apprendre, ce goût de la découverte et de l'expérimentation n'était pas nécessaire à la société du 20 ème siècle en tout cas pas à la majorité. Une fois les rudiments acquis : lecture, écriture, calcul et formé à un métier ni l'individu ni la société n'avait plus besoin que celui-ci évolue notablement.
medium_learned.jpgEn anglais il y a un terme pour signifier que la personne est formée, il s'agit du mot "learned".
Un "learned", c'est une personne que l'on a formé, "un appris" avec tout ce que cela sous-entend : c'est du passé, cela est subit et la personne était relativement passive.... c'était pratiquement contre son gré qu'elle a été formé. Or si il y a bien une chose sur laquelle les pédagogues et psycho-cognitivistes sont d'accord c'est bien la MOTIVATION nécessaire à l'apprentissage.  On en arrive au "learner", "l'apprenant", qui lui va être acteur de et motivé par son apprentissage. Le slogan "apprentissage tout au long de sa vie" est encore loin d'être une réalité bien que cela soit avant tout une question de culture et de volonté personnelle. Un philosophe américain, Eric Hoffer, résume parfaitement cela, il dit:

"In a time of drastic change, it is the learners who inherit the future. The learned usaully find themselves equipped to live in a world that no longer exists"