08.11.2008
La richesse révolutionnaire
« Wikinomics » de Don Tapscott, « La terre est plate » de Thomas Friedmann sont 2 excellents livres de vulgarisation sur les phénomènes du Web et de la mondialisation.
Mais en ces temps de crise systémique si il y a un seul livre à lire, à « dévorer » devrais-je dire, c’est le dernier ouvrage de Alvin et Heidi Toffler : « La richesse révolutionnaire »
Les Toffler sont connus notamment pour « Le Choc du futur » (1974) et aussi la Troisième Vague (1982). Ces ouvrages ont eu un impact fort auprès des dirigeants dans la mesure ou ils annonçaient avec beaucoup de clairvoyance la société de la connaissance dans laquelle nous sommes désormais entrés.
Avec « La richesse révolutionnaire » Avin et Heidi Toffler nous permettent d’entrevoir et d’appréhender les tenants et les conséquences de la
révolution en cours notament celle de 3 des « fondamentaux profonds » de notre civilisation que sont : le Temps, l’Espace et la Connaissance.
Avec beaucoup de lucidité et sans complaisance aucune pour toutes nos institutions sclérosées et dépassées les auteurs introduisent et nous familiarisent avec brio avec plusieurs concepts et néologismes clés parmi lesquels se trouvent :
« l’effet de désynchronisation » : les bureaucraties de l’âge industriel ralentissent aujourd’hui le mouvement vers un système de création de richesse plus avancé et fondé sur la connaissance.
« l’obsolaissance » : combinaison des mots obsolescence et connaissance pour indiquer le fait qu’un pourcentage important de ce que nous savons se révèle de moins en moins vrai. Quand les changements s’accélèrent, la vitesse à laquelle s’accumule le surplus d’obsolaissance augmente d’autant.
« La prosommation et les prosommateurs » : il existe une économie cachée qui sert de cadre à une énorme activité non étudiée, non mesurée, non payée. C’est l’économie « prosommatrice » non monétaire. Ceux qui créent des biens, des services ou de l’expérience, destinés à leur usage privé et à leur satisfaction personnelle, plutôt qu’à la vente ou à l’échange. Quand nous sommes à la fois PROducteurs et conSOMMATEURS de notre production nous sommes des prosommateurs.
La « Producivité » : contribution des prosommateurs à la productivité
Quelques affirmations et passages m’ont beaucoup interrogé et/ou marqué par l’espoir qu’ils suscitent et par les constats lucides formulés :
A propos de la vérité : "Alors qu’un plus grand nombre de sociétés développe des économies fondées sur les idées, la culture et la connaissance en rapport avec la richesse, savoir pourquoi nous croyons ce que nous croyons devient plus crucial que jamais."
Sur l’innovation : " Si l’innovation ne vient pas d’en haut, de dirigeants décidés à transformer les institutions existantes, elle explosera d’en bas, quand de plus en plus d’organismes datant de l’âge industriel s’effondreront, et que l’implosion systémique approchera » , « Les économies avancées bénéficient de millions d’inventeurs sociaux, d’innovateurs, de personnes capables de prendre des risques organisationnels, de rêveurs, d’hommes et de femmes à l’esprit pratique, éduqués, ayant accès à davantage d’informations issues de partout, armés des outils de la connaissance les plus puissants qu’ait possédés l’espèce humaine, et ne demandant qu’à saisir la chance d’inventer un lendemain meilleur. Ils sont partout sur cette planète, et ils sont prêts à la refaçonner. "
A propos de l’éducation : « Beaucoup s’en prennent à ce sujet de honte planétaire. Mais la solution généralement proposée ressemble aux systèmes éducatifs de type usine des sociétés industrielles. Des salles de classe. Des bureaux. Des niveaux séparés en fonction de l’âge. Du par cœur. Des examens standardisés. Une ponctualité imposée. L’uniformité au nom de la démocratie. Un système, en bref, qui promeut ce que les employeurs avaient l’habitude d’appeler une « discipline industrielle ». Cela peut-il être reproduit avec succès dans chaque village ? Et cela doit-il l’être ?
L’éducation de masse conçue pour l’âge industriel ne répond ni aux besoins du village préindustriel ni à ceux de l’avenir postindustriel. Il est nécessaire de repenser entièrement l’éducation rurale, et même l’ensemble de l’éducation… … La technologie seule n’est pas un remède à l’ignorance. Des forces politiques, économiques et sociales doivent être mobilisées pour éduquer la prochaine génération.
A propos de l’éducation aux Etats-Unis : Le coût sans doute le plus important de ce conflit (des « vagues » de l’école industrielle vs vague de l’école de la connaissance du futur) sera payé par près de 50 millions d’enfants actuellement obligés de fréquenter des écoles publiques qui tentent de les préparer, sans grand succès, à des emplois qui n’existeront plus. On peut appeler ça : voler l’avenir.
A propos des décisions collectives lentes: Dans l’économie et la société actuelles, la capacité à modifier ses plans en un clin d’œil et à prendre des décisions dans l’urgence est un mécanisme de survie vital. Sous la pression des changements à grande vitesse et de l’esor d’une nouvelle génération de plus en plus individualisée, le système de décision collective à la japonaise devrait décliner.
A propos de l’Europe :
En 2000, les dirigeants de l’UE ont fini par se réunir à Lisbonne pour annoncer courageusement leur intention de faire de l’Europe « l’économie fondée sur la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde » d’ici 2010. « Je n’avais pas autant ri depuis l’époque où le Politburo communiste annonçait des objectifs de production totalement irréalistes. C’était du même acabit », déclara Radek Sikorski, alors ancien vice-ministre des affaires étrangères de Pologne, quand l’objectif fut adopté.
12:01 Publié dans Livre, Tendances | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : personnalité, futur





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